Funambule

Nous voulons sur ce site interroger des actions menées sur le territoire et en mesurer la pertinence face aux enjeux, tel que définis dans notre premier billet (Le Ring ci-dessous). Ce faisant nous avançons sur un fil. Dire ce que nous pensons sans heurter des acteurs du territoire. Exercice difficile. Prenons un exemple. Nos voyons régulièrement des associations projeter le film Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent. La Recyclerie propose une projection du film Demain de Cyril Dion. Prenons l’objet. Dés sa projection

https://www.recycleriedombessaone.fr/actus/projection-du-film-demain/

https://labrique.net/index.php/thematiques/politicaille/954-cyril-dion-coli-briseur-de-l-ecologie-radicale

https://basta.media/Pocheco-l-entreprise-industrielle-qui-place-l-environnement-et-la-protection

 

et nous nous interrogeons sur l’intérêt. Nous pensons que ce film sorti en 2015 est une impasse, par les solutions proposées et l’idéologie véhiculée. Nous ne voyons pas l’intérêt de le projeter 6 ans après sa sortie alors qu’il a fait la preuve de son innocente vacuité, alors que nous sommes au bord du gouffre et qu’il

Nous évoluons sur un fil entre deux mondes

«Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent.»

 

Le monde se divise en deux

Rester en position d’arbitre

 

 

Démocratie

Nous évoquions la semaine dernière les quatre contraintes nous forçant à agir sur notre territoire : dérèglement climatique, perte de biodiversité, finitude des ressources et faillite du capitalisme. Pour prendre la métaphore du Ring, les cordes seraient ces contraintes et les poteaux d’angle les points d’accroche de ces cordes, symbolisant chacun une thématique de travail : la monnaie, le travail, l’énergie et la consommation. La plateforme sur laquelle on s’exprime serait la démocratie. Condition sine qua non. Commençons par ce dernier point déjà abordé dans de précédents billets.
Sommes-nous en/une démocratie ?
Répondre par l’affirmative semble une évidence car nous l’entendons depuis la prime enfance et les tenants du pouvoir, politiciens et éditorialistes, nous le serinent. Ceux qui contestent sont traités de communistes, au sens stalinien, Macron renvoie aux dictatures coréennes, nos guerres d’appropriation se font en son nom, à égalité avec le mot liberté.
Pour tenter de répondre il faut déjà bien poser le problème. Qu’est-ce qu’une démocratie ? La définition de Wikipédia ouvre la réflexion. Pour se faire un avis éclairé il conviendrait de lire les auteurs cités en référence de ce déjà long article, auteurs qui eux-mêmes en introduiraient d’autres ainsi que des débats, des reportages… Impossible de penser démocratie sans creuser nos institutions, nos modes électifs, les pouvoirs et contre-pouvoirs… et cette question récente de patriarcat. Beaucoup de temps pour une question qui n’attire pas forcément, ce qui nous cantonne à avoir un avis plus qu’une opinion pour ce qui est pourtant le fondement de notre vie de citoyen, le sol que nous foulons.
Si nous retenons la définition commune depuis la révolution française de « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », qui est le principe de notre Constitution (article 2) il est clair que nous ne sommes pas une démocratie. C’est d’ailleurs ce que voulaient les penseurs de la démocratie, voir le chapitre Incapacité des citoyens à gouverner, ignorance et inexpérience des masses dans l’article Wikipédia. Il aura suffit de créer l’oxymore « démocratie représentative » pour endormir les foules, car le pouvoir réel n’a rien de représentatif.
Nous ne sommes pas en démocratie  (comme le résume efficacement cette courte vidéo) mais dans ce cas comment qualifier notre régime ? Regardez cette liste  et amusez-vous à glisser le curseur sur chaque mot  pour en avoir une rapide définition. Nous pouvons nous retrouver dans plein de cases : aristocratie, ploutocratie, oligarchie, autocratie etc. La question se pose aussi avec la pandémie ou les nouvelles lois sécuritaires de savoir si nous ne sommes pas dans une dictature techno-médicale ?  Sommes-nous une  kakistocratie ? C’est la théorie de Mandeville qui nous classe en trois catégories : les pervers qui exercent le pouvoir, les citoyens et une masse de veaux (comme diraient De Gaulle). Les contours de notre régime sont floues, même si la dominante reste l’accaparement par une caste du pouvoir avec un népotisme saisissant. Qu’y a t’il de démocratique à la pratique courante aujourd’hui d’un président au pouvoir absolu d’ordonner à un drone de tuer « un ennemi de la république » sans procès ni aucun contre-pouvoir ?
La vraie démocratie ne viendra pas de la prise du pouvoir par quelques-uns mais du pouvoir que tous auront de s’opposer au pouvoir de quelques-uns disait Gandhi.
Nous voulons porter sur le territoire cette question, y promouvoir la démocratie directe à l’échelle locale, étant entendu qu’à l’échelle nationale il parait impossible d’échapper au représentatif pour peu qu’il soit cadré et contrôlé par le peuple, ce qui est loin d’être le cas pour l’instant. Il n’y a qu’à voir les réactions unanimes des classes dirigeantes quand on demande des comptes à Agnès Buzin.

A suivre

 

 

 

Le Ring

Notre civilisation est un ring semblable à une estrade délimitée par quatre cordes appelées dérèglement climatique, perte de biodiversité, finitude des ressources et faillite du capitalisme.  Elles sont la réalité du monde qui nous entoure, le cadre de nos positions, la boussole de nos choix, sans déni ni fatalisme, sans angoisse ni résignation.
Nous tenons pour acquis qu’en ne changeant rien la température va augmenter de 4 à 6° en moyenne d’ici 2070, les espèces animales et végétales vont continuer de disparaître jusqu’à mener à une extinction de masse, nous n’aurons plus de pétrole ou d’eau potable d’ici une dizaine d’années et les accaparements capitalistes vont aggraver les conflits nationaux et mondiaux. Chacune de ces contraintes contient son lot de conséquence mortifères pour l’homme, alors les quatre ensemble…
Face à l’ignorance de ces enjeux, à leur mondialisation, à la nature humaine et à l’inertie, il ne fait aucun doute que nous nous retrouverons rapidement dans les cordes. Pour stopper le réchauffement il faudrait stopper l’extraction des énergies fossiles au niveau mondial. Pour mettre un terme à l’extinction de biodiversité il faudrait arrêter de déforester, de polluer, de surexploiter, d’utiliser des pesticides et de réchauffer la planète. Pour conserver des ressources fossiles en quantité finie, il faudrait mettre en place un rationnement et une charte de leur usage au niveau mondial en changeant drastiquement notre mode de vie. Pour la sortie du capitalisme tellement ancré dans nos ADN on ne voit guère qu’une révolution à l’issue par définition incertaine.
Tout est si compliqué et imbriqué qu’il parait vain de lutter tant il est certain que nous ne détruirons pas ces cordes à l’échelle de temps d’une génération. Elles vont nous enserrer comme autant de nœuds coulants réduisant toujours plus le champ des luttes jusqu’à empêcher toute rébellion. Sauf à céder à l’inaction, à continuer de vivre dans un rapport au vivant insoutenable, nous devons agir quand nous le pouvons encore. Individuellement en interrogeant notre mode de vie, en limitant notre impact par d’avantage de sobriété et collectivement à l’échelle territoriale, tant pour refuser d’aggraver nos maux que pour y impulser un espoir. En faisant le pari que la somme des initiatives locales mène à une prise de conscience nationale qui elle-même…. En dehors du Ring et de ce qu’il porte comme modèle, nous voulons explorer deux pistes qui nous semblent prometteuses : le communalisme et le salaire à la qualification. Nous vous en dirons plus la semaine prochaine.