scopalim

Plaidoyer pour une alimentation saine

Le Ring est né il y a huit ans d’un  quadruple constat : nous vivons un dérèglement climatique, une extinction de masse de biodiversité,  une finitude de ressources et une montée des inégalités, plus seulement nord-sud mais aussi nord-nord. C’est particulièrement vrai en France et DROM-COM.

Si nous sommes démunis face aux causes et aux solutions à portée mondiale de tous les problèmes posés dans une civilisation complexe., il reste au moins un pan de notre vie sur lequel nous pouvons agir : notre consommation. En effet, sauf à s’extraire de la société
Le Ring défend une alimentation bio conjuguant 8 critères (circuit court, de saison, écologique, équitable, local, frais, accessible à tous et de première nécessité)  que nous avons symbolisée par une fleur.

mais force est de constater après huit ans d’existence que cette fleur peine à s’épanouir.

– Bio. On en trouve maintenant partout, de toutes provenances géographiques, en majorité en grande distribution mettant à mal tous les critères sauf l’accessibilité.

– Circuit court.

– de saison,

– écologique,

– équitable,

– local,

– frais,

– accessible à tous et

– de première nécessité)La bio ne veut plus rien dire aujourd’hui tant le terme est galvaudé

 

Réactionnaire

pas ou peu de numérique, fichier à télécharger contre site marchand, pas de smartphone, de facebook,

A rebours de l’évolution, une alimentation à cuisiner contre du click’go,

Mode de consommation

L’immense majorité achète en grande surface, de l’hyper à la supérette en passant par les hard-discount et la vente en ligne, en plein essor : retrait en drive pour l’essentiel mais livraison à domicile en expansion, aidée par les confinements à répétition.

(dont on ne mesure pas encore toutes les retombées). Les confinements ont accentué

proposant les mêmes produits, avec un glissement vers les achats en ligne.

Le Ring a huit ans. Huit ans à défendre une position fragile.

Parce que 95% de la population française se nourrit dans les

Préférer le bio sans intrant au local confondant

Préférer les petits producteurs aux grands groupes

 

Ces trois fronts sont reliés par trois données qui nous forcent à agir : nous vivons un dérèglement climatique, une extinction de masse de biodiversité et une finitude de ressources. Le coupable désigné est le capitalisme mondialisé, néologisme masquant l’avidité de l’Homme qui tue, pille, pollue pour satisfaire son hybris. Ces trois données s’enchevêtrent dans une spirale vers un effondrement de notre civilisation, à court terme, avec des crises latentes comme des mines dans un champs : crises économiques, migratoires, sociales, sanitaires, géopolitiques, démocratiques etc. Notre seule chance ou sursaut est de créer des collectifs locaux à même d’impulser sur les territoires des changements de comportement préfigurant un changement de mode de vie. Cela suppose des solutions locales à portée nationale à même d’amortir l’inévitable.

brouillon

Mise sur orbite

Monter sur le Ring c’est accepter de se confronter à la réalité. C’est prendre un sujet d’actualité et l’étudier sous tous les angles pour le juger, à l’aune des règles que nous avons fixé. Comme nous pouvons prendre un aliment en main et nous interroger sur sa soutenabilité, nous devons juger de tout ce qui se fait autour de nous et nous impacte. C’est un peu fastidieux, mais plus on se livre à l’exercice, plus on est affuté et plus on va vite à décrypter, pour peu que nous ayons quelques clefs.
Prenons par exemple cette semaine une information passée discrètement : le lancement par la France d’un satellite militaire. Pour se faire une opinion il faut dépasser l’entrefilet de France info le jour du lancement se contentant d’en annoncer la réussite en relayant sans contraste le communiqué officiel, à savoir que c’est un « bijou technologique ». Démarrons avec cet article du Monde, journal qualifié jadis de journal de référence et aujourd’hui détenu par 2 milliardaires et un millionnaire, ce qui donne forcément un biais dans le traitement de l’information. Ainsi cet article qui se veut factuel, basé sur une dépêche AFP reflète sans remise en question notre appartenance à l’élite mondiale et conclut que nous sommes toujours « dans la course ». Cette métaphore anodine est en soi très révélatrice d’un conditionnement du lecteur, d’une acceptation tacite des règles néolibérales qui nous régentent. Car rester dans la course est une donnée, un présupposé. Ça ou être amish. Nous qui sommes sixième puissance mondiale,  même si on se fait grignoter chaque année, il faut nous battre avec les armes du capitalisme que nous avons largement diffusé sur la planète et qui nous permet de vivre très au dessus de nos moyens et de ladite planète. Rappelons que si tous les pays avaient le même train de vie que nous, pays occidentaux, il faudrait au moins 10 planètes Terre. Ne pas remettre en question cette course que d’aucuns qualifient de « théorie de la reine rouge » nous a conduit où nous sommes. Plus d’eau, d’énergie, de terre, d’air, d’égalité sociale… C’est sûr il faut continuer de courir, vers le transhumanisme, la 5G, le transverse, les cités « intelligentes », les voitures électriques autonomes etc. Sinon nous perdrons la course. Mais face aux crises qui sont les cordes du Ring*, courir nous mène à notre perte.
C’est toujours pour rester dans la course que Macron a annoncé démocratiquement la semaine dernière son plan magique 2030. Même si on sait que ces plans ont pour seul objectif de montrer que les présidents ne font pas du sur place, même si ces plans ne sont pas financés et qu’ils ne se concrétisent jamais, ça occupe toujours l’espace médiatique. Nous allons faire une croix sur la transition écologique pour rester dans la course technologique, investir dans des EPR et des SMR, dans l’intelligence artificielle au risque sinon d’être distancés et de devenir les chimpanzés du futur.
Ce satellite et son environnement (400 stations capables de communiquer avec S4 depuis le sol, un aéronef, un navire ou un sous-marin, selon la DGA) nous a coûté 4 milliards, chiffre à prendre avec des pincettes car c’est celui des militaires, repris sans contrôle par le Monde. Admettons-le. C’est déjà une coquette somme. Ruffin dit dans la vidéo sur l’AAH (reprise dans la revue de presse de la semaine) qu’il faudrait 800 millions par an pour que les Handicapés aient une allocation autonome. 5 ans d’autonomie contre un satellite sitôt lancé sitôt obsolète. Comme nous parlons d’un financement pluriannuel qui a démarré en 1981, on peut imaginer que le transfert de ce puits sans fin vers un poste social permettrait de résoudre une criante injustice. Que d’intelligence indéniable chez Thalès et consorts déployée pour ce gadget spatial qui nous serait bien utile pour répondre aux défis d’aujourd’hui, alors qu’on les imagine déjà en train de plancher sur la cinquième génération. Nos militaires pourront s’envoyer des informations secrètes quand le scandale Pegasus nous rappelle (on avait déjà Enigma en 1940) que tout le monde espionne tout le monde et que le cryptage est un leurre.
Aucune information sur la durée de vie du satellite avant qu’il ne rejoigne le cimetière spatial des tapis de course cassés de la reine rouge ? Sans doute une dizaine d’année à en juger par la génération précédente, Syracuse 3 (coût entre 2 et 3 milliards), déployée entre 2005 et 2015. Nous devons être très humbles sur ces questions militaires, ces milliards dépensés en pure perte, ce grand écart entre des dépenses en haute technologie, dont les armes nucléaires, et une armée de métier qui rafistole le matériel courant, qui prend des pièces détachées sur des avions (cloués au sol du coup) pour en réparer d’autres. Il faut qu’on rattrape notre retard sur les missiles hypersoniques maintenant (les trois premiers du classement sont sur le coup, la Russie a une avance d’une dizaine d’années, les chinois viennent de procéder à un  essai), ce serait ballot que l’un d’eux vienne détruire notre bijou pensé pour la guerre d’avant qui ne saurait éviter un missile plus rapide que ceux qu’il sait anticiper. Vite un missile anti missile 5G à inventer. Et un nouveau porte avions nucléaire parce que l’ancien passe plus de temps en cales sèches qu’en mission. On reste sur un article du Monde pour montrer comme pour le satellite la totale complaisance des journalistes pour la grandeur militaire de la France. Il sera plus lourd, plus long, plus fort… et plus cher, entre 4 et 5 milliards, si on ne joue pas de malchance comme avec son prédécesseur (chapitre 2.3). ou les EPR.
Avec tout ça on ne sait plus faire les armes de poing, fin de la souveraineté terre à terre maintenant que nous avons la tête dans les étoiles. pourvu que nos ennemis de demain soient dans l’hyper technologie et pas dans le combat rapproché…
Rien dans cet article sur le coût écologique et social de ce satellite et de son monde alors que TOUT ce que nous faisons devrait aujourd’hui être abordé sous ce double prisme. Combien d’énergie, de métaux et terres rares, d’émission de CO2 pour le lanceur Ariane 5, le satellite, les stations, les avions dédiés etc ?
Et où est l’Europe dans tout ça ? Comment se fait-il que ce projet soit porté par la France (avecun peu d’Italie sur la génération précédente, un peu de Belgique ce coup là) et non par cette grande Europe de la Défense ? L’Europe dépense plus pour se protéger des réfugiés nous apprend Jean Ziegler dans son dernier livre que pour une défense commune, pourtant argument majeur de l’orwellien « l’Europe c’est la paix »
Et où est la

Alors forcément quand nous entendons ce lancement satellitaire nous regrettons de ne pas avoir eu à donner notre avis. Démocratiquement. Parce qu’avec nos crtitères

Tergiverser

En premier on cherche des explications qui sont autant d’excuses à notre inaction, en convoquant la psychanalyse et les neurosciences, avec des mots qui nous dépassent : déni, dissonance cognitive, striatum.  Tout ça expliquerait notre soumission faite d’inconscience, de méconnaissance, d’impuissance ou d’incompétence, sans avoir à affronter le réel de nos peurs et de nos lâchetés. Mais le réel s’impose avec chaque semaine son lot de rapports, de conférences, de reportages qui nous poussent à changer notre mode de vie, à sortir d’une société de consommation et de loisir pour prendre possession de nos vies alors que tant d’entre nous sont déjà perdus dans un Metaverse Facebookien.
Cette semaine :
– La fonte du glacier Thwaites, le plus important de l’Antarctique de l’Ouest, nous ramène au dérèglement climatique qui devrait être notre boussole.
– L’Organisation météorologique mondiale (OMM) nous dit que ces sept dernières années (2015-2021) ont été les plus chaudes jamais enregistrées, dépassant de plus de 1°C les niveaux préindustriels.
Mickaël Correia sort un livre sur les multinationales qui détruisent la planète, 100 d’entre elles sont responsables de 70% des émissions de CO². On peut toujours suivre l’ADEME qui nous culpabilise sur une ampoule, un sac mal trié ou un robinet d’eau…
– Nous dépassons une nouvelle limite planétaire, celle de la pollution chimique. C’est la cinquième sur un total de neuf… On peut faire le lien entre cette information et la précédente où on apprend que les industries pétrolières se tournent de plus en plus vers le plastique sans aucune envie de stopper l’extraction malgré leurs beaux discours et les gesticulations des COP, du GIEC etc.
– Le rapport de L’Oxfam sur les inégalités sorti cette semaine est glaçant : un millionnaire en plus toutes les 29 heures en France !

Nous savons que nous devons changer notre mode de vie face au dérèglement climatique, à la perte de biodiversité, à la finitude des ressources et à l’accroissement des inégalités. Or toutes les initiatives que nous voyons naître sur notre territoire ne prennent pas en compte ces quatre données factuelles. Ça veut dire que quelle que soit la bonne volonté de ces projets, ils vont se perdre dans des dépenses de temps, d’argent et d’énergie pour dans certains cas aggraver les choses, même s’ils sont de bonne foi. Alors qu’il y a urgence à se concentrer sur des actions physiques et politiques à la hauteur des enjeux. Sans parler de tous ceux qui ne font rien ou continuent comme avant, comme si de rien n’était, comme s’il n’y avait pas urgence à se grouper pour changer. Le maître mot est la sobriété, individuelle mais surtout collective.

Prenons par exemple une société caladoise qui propose d’installer des panneaux solaires sur un toit dans un écoquartier de Villefranche. Peu d’informations sur le site qui renvoie à une page Facebook. Smartphones, applis et Gafam sont acteurs du dérèglement climatique, entre autres par leurs besoins colossaux en énergie. Sans parler du monde virtuel qu’ils nous préparent dont les dégâts se font déjà sentir. Ils sont aussi acteurs d’une extraction exponentielle de métaux et terres rares qui nous manqueront demain, d’une exploitation coloniale des hommes extrayant et fabricant ces univers. Sachant qu’il faut des énergies fossiles pour fabriquer de l’énergie renouvelable, que toutes les énergies renouvelables sont d’une manière  ou d’une autre aussi polluantes ou nuisibles que les fossiles et qu’elles ne feront que s’ajouter aux fossiles sans s’y substituer (voir le livre de Mickaël Correia ci-dessus) . On facilite avec ce projet la croyance en un monde magique où il suffit d’acheter une part sociale d’une association citoyenne pour continuer comme avant mais autrement, se donner bonne conscience pour des consommations futiles ou nuisibles au lieu d’interroger ses pratiques. Cette idée de se substituer à un service public de l’énergie pour toujours plus de mésusages n’est qu’un creuset d’inégalités qui perpétue le capitalisme sans le questionner. Nous avons pourtant avec cette crise climatique une occasion historique de le faire et accessoirement de donner une chance à nos enfants.
Facebook encore avec un membre d’une association de territoire qui se filme avec son smartphone dans une vidéo pour nous faire part de son indignation car  l’arbre qu’on voit derrière lui va être coupé. Sait-il combien d’arbres pèsent son smartphone et sa vidéo de 5 minutes ?
Nous sommes totalement déconnectés de l’énergie qui se résume à un bouton dans le mur ou une prise au sol pour charger son smartphone et donner son avis sur Facebook. Demain on nous promet une civilisation du tout électrique exponentiel qui va remplacer le fossile. Alors pour masquer ce mensonge on va couvrir nos territoires d’éoliennes, de panneaux solaires, de bornes de recharge, d’usines à biomasse ou à méthanisation, sur le dos d’ouvriers exploités à l’autre bout du monde… et de nos enfants demain. Vous voulez faire un geste pour le climat ? Interrogez votre smartphone ; de quoi est-il le nom ?

On peut parler aussi des monnaies locales avec la Gonette qui cherche à s’implanter sur le territoire. Voila un objet dont on peut dire, avec le recul d’expériences antérieures en France, qu’il ne sert à rien d’autre qu’à réunir des gens de bonne volonté qui se ressemblent au cœur d’une association.  Mais ça ne résoudra aucun des problèmes dressés comme une falaise devant nous (climat, ressources, inégalités, biodiversité). Adossée à l’euro, elle en subira les mêmes effets en cas de crise. Sans doute serait-il plus utile de monter des ateliers de formation à l’économie et à la finance pour armer nos concitoyens et leur faire comprendre que l’euro est en partie responsable de la désindustrialisation de la France qui gagnerait à en sortir plutôt qu’à fabriquer des succédanées.

 

 

 

 

Démocratie

Nous évoquions la semaine dernière les quatre contraintes nous forçant à agir sur notre territoire : dérèglement climatique, perte de biodiversité, finitude des ressources et faillite du capitalisme. Pour prendre la métaphore du Ring, les cordes seraient ces contraintes et les poteaux d’angle les points d’accroche de ces cordes, symbolisant chacun une thématique de travail : la monnaie, le travail, l’énergie et la consommation. La plateforme sur laquelle on s’exprime serait la démocratie. Condition sine qua non. Commençons par ce dernier point déjà abordé dans de précédents billets.
Sommes-nous en/une démocratie ?
Répondre par l’affirmative semble une évidence car nous l’entendons depuis la prime enfance et les tenants du pouvoir, politiciens et éditorialistes, nous le serinent. Ceux qui contestent sont traités de communistes, au sens stalinien, Macron renvoie aux dictatures coréennes, nos guerres d’appropriation se font en son nom, à égalité avec le mot liberté.
Pour tenter de répondre il faut déjà bien poser le problème. Qu’est-ce qu’une démocratie ? La définition de Wikipédia ouvre la réflexion. Pour se faire un avis éclairé il conviendrait de lire les auteurs cités en référence de ce déjà long article, auteurs qui eux-mêmes en introduiraient d’autres ainsi que des débats, des reportages… Impossible de penser démocratie sans creuser nos institutions, nos modes électifs, les pouvoirs et contre-pouvoirs… et cette question récente de patriarcat. Beaucoup de temps pour une question qui n’attire pas forcément, ce qui nous cantonne à avoir un avis plus qu’une opinion pour ce qui est pourtant le fondement de notre vie de citoyen, le sol que nous foulons.
Si nous retenons la définition commune depuis la révolution française de « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », qui est le principe de notre Constitution (article 2) il est clair que nous ne sommes pas une démocratie. C’est d’ailleurs ce que voulaient les penseurs de la démocratie, voir le chapitre Incapacité des citoyens à gouverner, ignorance et inexpérience des masses dans l’article Wikipédia. Il aura suffit de créer l’oxymore « démocratie représentative » pour endormir les foules, car le pouvoir réel n’a rien de représentatif.
Nous ne sommes pas en démocratie  (comme le résume efficacement cette courte vidéo) mais dans ce cas comment qualifier notre régime ? Regardez cette liste  et amusez-vous à glisser le curseur sur chaque mot  pour en avoir une rapide définition. Nous pouvons nous retrouver dans plein de cases : aristocratie, ploutocratie, oligarchie, autocratie etc. La question se pose aussi avec la pandémie ou les nouvelles lois sécuritaires de savoir si nous ne sommes pas dans une dictature techno-médicale ?  Sommes-nous une  kakistocratie ? C’est la théorie de Mandeville qui nous classe en trois catégories : les pervers qui exercent le pouvoir, les citoyens et une masse de veaux (comme diraient De Gaulle). Les contours de notre régime sont floues, même si la dominante reste l’accaparement par une caste du pouvoir avec un népotisme saisissant. Qu’y a t’il de démocratique à la pratique courante aujourd’hui d’un président au pouvoir absolu d’ordonner à un drone de tuer « un ennemi de la république » sans procès ni aucun contre-pouvoir ?
La vraie démocratie ne viendra pas de la prise du pouvoir par quelques-uns mais du pouvoir que tous auront de s’opposer au pouvoir de quelques-uns disait Gandhi.
Nous voulons porter sur le territoire cette question, y promouvoir la démocratie directe à l’échelle locale, étant entendu qu’à l’échelle nationale il parait impossible d’échapper au représentatif pour peu qu’il soit cadré et contrôlé par le peuple, ce qui est loin d’être le cas pour l’instant. Il n’y a qu’à voir les réactions unanimes des classes dirigeantes quand on demande des comptes à Agnès Buzin.

A suivre

 

 

 

Le Ring

Notre civilisation est un ring semblable à une estrade délimitée par quatre cordes appelées dérèglement climatique, perte de biodiversité, finitude des ressources et faillite du capitalisme.  Elles sont la réalité du monde qui nous entoure, le cadre de nos positions, la boussole de nos choix, sans déni ni fatalisme, sans angoisse ni résignation.
Nous tenons pour acquis qu’en ne changeant rien la température va augmenter de 4 à 6° en moyenne d’ici 2070, les espèces animales et végétales vont continuer de disparaître jusqu’à mener à une extinction de masse, nous n’aurons plus de pétrole ou d’eau potable d’ici une dizaine d’années et les accaparements capitalistes vont aggraver les conflits nationaux et mondiaux. Chacune de ces contraintes contient son lot de conséquence mortifères pour l’homme, alors les quatre ensemble…
Face à l’ignorance de ces enjeux, à leur mondialisation, à la nature humaine et à l’inertie, il ne fait aucun doute que nous nous retrouverons rapidement dans les cordes. Pour stopper le réchauffement il faudrait stopper l’extraction des énergies fossiles au niveau mondial. Pour mettre un terme à l’extinction de biodiversité il faudrait arrêter de déforester, de polluer, de surexploiter, d’utiliser des pesticides et de réchauffer la planète. Pour conserver des ressources fossiles en quantité finie, il faudrait mettre en place un rationnement et une charte de leur usage au niveau mondial en changeant drastiquement notre mode de vie. Pour la sortie du capitalisme tellement ancré dans nos ADN on ne voit guère qu’une révolution à l’issue par définition incertaine.
Tout est si compliqué et imbriqué qu’il parait vain de lutter tant il est certain que nous ne détruirons pas ces cordes à l’échelle de temps d’une génération. Elles vont nous enserrer comme autant de nœuds coulants réduisant toujours plus le champ des luttes jusqu’à empêcher toute rébellion. Sauf à céder à l’inaction, à continuer de vivre dans un rapport au vivant insoutenable, nous devons agir quand nous le pouvons encore. Individuellement en interrogeant notre mode de vie, en limitant notre impact par d’avantage de sobriété et collectivement à l’échelle territoriale, tant pour refuser d’aggraver nos maux que pour y impulser un espoir. En faisant le pari que la somme des initiatives locales mène à une prise de conscience nationale qui elle-même…. En dehors du Ring et de ce qu’il porte comme modèle, nous voulons explorer deux pistes qui nous semblent prometteuses : le communalisme et le salaire à la qualification. Nous vous en dirons plus la semaine prochaine.

 

 

 

 

Nous avons besoin de sociétaires

Nous terminons l’exercice 2020 en doublant quasiment le chiffre d’affaires (CA) de 2019 avec l’accélérateur de croissance indéniable qu’a été le confinement en mars, contrairement au couvre-feu actuel.
Nous avons ouvert en juin le point de vente de Trévoux mais qui ne donne pas encore de résultat probant. Nous avons depuis le premier février une offre complète telle celle proposée sur la mercuriale ce qui devrait attirer plus d’adhérents et augmenter le CA. En attendant nous avons eu des frais d’aménagement et d’installation de l’ordre de 10 000€. Nous avons pu les financer entièrement sur fonds propres même si cela a impacté notre besoin de trésorerie à court terme, voir plus loin.
Si donc nous sommes optimistes sur le devenir de la Coopérative, nous souffrons continuellement de manque de fonds propres, c’est à dire de la trésorerie nécessaire à notre activité, pour faire face à nos charges et à nos approvisionnements. Rien qu’à Trévoux, pour que le magasin soit bien achalandé, il faut un stock de produits en rayon d’au moins 5000€. Si nous avons réussi à le faire jusque là avec la trésorerie existante, ce n’est plus le cas maintenant qu’à chaque commande nous devons multiplier par deux les quantités. Dés la semaine prochaine nous aurons besoin de 5000€ de trésorerie que nous n’avons pas et nous estimons qu’en l’état nous avons besoin de 20000€ à court terme pour faire face à nos échéances et tenir nos objectifs.
Nous avons donc besoin de sociétaires plus importants, pas forcément en quantité mais en capital investi. Bien sûr chacun fait suivant ses moyens et celui qui souscrit une part sociale vaut autant que celui qui en prend 10, mais en l’état, on parle de 20000€, il faut forcément que ceux qui le peuvent souscrivent pour 10 à 20 parts sociales.
Il faut noter que prendre des parts sociales et un placement patrimonial puisque vous êtes propriétaires de ces parts que vous pourrez récupérer. Il s’agit d’un placement avec plusieurs vertus, contrairement à une assurance vie ou une épargne bancaire où vous ne savez pas où sera fléchée votre épargne. Vous participez à un projet faisant sens sur le territoire. Projet qui, si nous menons à terme nos objectifs, constitue aussi une forme d’assurance vie puisque nous donnant une chance de trouver à manger sur le territoire en cas de crise et de continuer à le faire sainement.
La coopérative va bien, l’équipe qui y travaille est à même de la développer avec les nombreux bénévoles qui nous aident chaque semaine et les adhérents qui partagent nos valeurs. Tous les indicateurs sont au vert sauf la trésorerie qui est le talon d’Achille de toutes les structures comme la notre. Alors merci de voir dans quelle mesure vous pouvez participer financièrement à sécuriser notre trésorerie.
Si vous êtes déjà sociétaire et que vous souhaitez ajouter une ou plusieurs parts sociales, il faut juste remplir le formulaire en ligne sur le site… avec un chèque.

Une série de billets sur les changements radicaux qu’il faudrait opérer pour sortir des crises en cours et à venir. Le format de ces billets rend l’exercice périlleux car succinct et suppose approfondissement. C’est pourquoi nous proposons des liens et des livres. Les thèmes de cette suite de billets se prêtent à l’exercice de la page blanche avec trois questions :

  1. Que savez-vous de … ? Qui interroge le niveau de connaissances.
  2. Imaginez un monde sans. Qui amène à décoloniser son imaginaire.
  3. Comment y parvenir ? Qui dépasse le stérile « ça ne marchera jamais » .

La propriété privée

  1. Qu’est-ce que la propriété privée ? La page wiki est plutôt maigre, elle oblige à rebondir vers d’autres liens. Usus, fructus et abusus. Mill, Marx, Proudhon,  Babeuf… Enclosures et biens communs. Des sites à fouiller comme Révolution française ou celui de Paul Jorion. Droits  des animaux, guerres colonisatrices et d’appropriation, le champ économique et de la propriété intellectuelle. Etc. Il y a de quoi faire mais c’est le prix d’un avis éclairé. Quels problèmes pose la propriété privée ? Depuis la nuit des temps dans les sociétés patriarcales la femme est propriété de l’homme, « jusqu’à ses entrailles » disait le code Napoléon. 6 femmes sont tuées chaque heure dans le monde par leur mari, sans parler des violences conjugales (et sur les enfants) le tout légitimé par la propriété. 1% de la population mondiale est propriétaire de 50% des richesses avec une accumulation et une inégalité croissante. Une trentaine de familles possèdent la totalité des médias français entrainant un manque de pluralité, une pensée dominante et une « circulation circulaire de l’information » (Bourdieu). L’accession à la propriété privée de son logement est la principale cause de notre soumission, l’emprunt avec intérêt asservissant plus sûrement qu’une chaîne. La propriété dans une société de consommation génère des frustrations poussant à l’accumulation et dans des cas extrêmes à des violences d’appropriation. La logique du toujours plus sans limite entraîne des inégalités croissantes, du gaspillage de ressources où le bien remplace le lien, donc une perte de sens. L’abusus (droit à disposer d’une chose) conduit à la dégradation, la destruction voire la disparition du vivant. Posséder toujours plus en maintenant ceux qui n’ont rien dans la misère et en pillant leur ressources, tel est en creux le visage du capitalisme propriétaire. Luxe ostentatoire et  obsolescence programmée en prime.
  2. Peut-on imaginer un monde sans propriété privée ? Posons quelques pistes. Dans la sphère privée on aurait une propriété d’usage ou de suffisance sans abusus (« Tout ce qu’on a au-dessus de la suffisance est le résultat d’un vol. » disait Proudhon) en privilégiant les communs (pourquoi posséder une perceuse qui ne sert qu’une fois par an ?). Il n’y aurait plus de rente (plus de propriétaire privé louant un bien à un autre homme) ni d’héritage, base de l’inégalité. Dans la sphère professionnelle c’est la disparition de l’enrichissement, de l’accumulation de capital en exploitant le travail d’autrui. Nul homme ne travaille pour un autre mais uniquement pour soi et la collectivité. Les coopératives remplacent les sociétés capitalistiques. Nul homme n’est propriétaire du vivant et de l’environnement, bien commun dont nous sommes dépositaires. Un laboratoire ne pourrait s’enrichir sur la santé en survendant des vaccins, biens immatériels de l’humanité.
  3. Comment y parvenir ? Prenons le logement, propriété privée par excellence, réalité pour 40% des français, en cours d’accession pour 20% et rêve inaccessible pour beaucoup. Le logement est un besoin primaire, à valeur constitutionnelle puisque garantissant une sécurité matérielle. Nous subissons depuis des décennies une crise du logement (manque, insalubrité, cherté, passoire énergétique) aiguisée par la spéculation, le vieillissement et l’accroissement de la population, les modifications de mode de vie dont le rêve pavillonnaire, la désertification des villes moyennes au profit des mégalopoles… La crise écologique rend impossible la fuite en avant quand la guerre des générations apparait, avec des jeunes qui n’ont rien et un avenir incertain face à des vieux qui ne lâchent rien. L’habitat partagé avec communs en propriété d’usage sans héritage ni sous-location parait une bonne piste. A rapprocher de la démocratie participative. Nous ne sommes propriétaires de rien, de passage, héritiers et transmetteurs d’une planète dont nous rendons compte aux générations futures. Nous sommes locataires, supposés faire au mieux pour tendre au bonheur commun. Vraiment ?

 

La démocratie

Qu’est-ce que la démocratie ? La fiche Wikipédia est assez exhaustive.
Où l’on voit qu’en réalité si nous sommes en démocratie c’est une certaine forme dite représentative et encore partielle puisque nous n’élisons pas tous nos représentants, comme les sénateurs ou le membres du gouvernement, sans parler des chefs de cabinet élyséen ou ministériels. Nous élisons des députés qui se révèlent des godillots de partis politiques sans réel pouvoir devant le monarque républicain et les lobbies de tout poil. On trouvera sans doute quelques exceptions qui confirment la règle mais un député doit allégeance à son parti. Lire Simone Weil, Note sur la suppression générale des partis politiques.
Ce système représentatif voit une classe dirigeante ne représenter qu’elle-même avec un système électoral biaisé. C’est une question  complexe que le mode d’élection, on le voit un peu en ce moment avec la question de l’introduction d’une « dose » de proportionnelle dans les régionales. Le peuple se verrait imposé par un président autocrate un changement conséquent sans avoir son mot à dire, comme dans les référendums biaisés ou cette mascarade de consultation citoyenne sur le climat. Nous sommes donc au mieux une démocratie représentative, format choisi par les constituants de la révolution française qui se considéraient comme les représentants éclairés du peuple, suivant la formule de l’Abbé Sieyès. Constituants issus de classes dominantes qui craignaient qu’un peuple ignare prenne le pouvoir et abolisse leurs privilèges. On peut considérer que la révolution française a échoué sur deux points majeurs : la démocratie directe chère à Rousseau et l’abolition de la propriété privée (autre billet). Nous pouvons aussi nous arrêter sur la définition d’Abraham Lincoln sur la démocratie : «  »Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Nous reposons sur ce mensonge depuis plus d’un siècle. Alexis de Tocqueville ajouta à cette forme de gouvernement une forme de société ayant pour valeurs l’égalité et la liberté et c’est avec cette bannière que les états dits démocratiques ont colonisé le monde,  diabolisant leurs opposants.
Démocratie partiellement représentative donc mais tout autant bureaucratie, ploutocratie, oligarchie, monarchie républicaine, autocratie et j’en passe. Lire par exemple Hervé Kempf Comment les riches détruisent la planète.
Nous sommes dans un état pré-démocratique, un embryon de démocratie sans qu’il soit certain que nous y parvenions un jour. Il faudrait pour cela que les citoyens prennent part à la politique, à commencer par celle de leur cité, avec démocratie représentative, démocratie directe, tirage au sort, référendum, le tout devant être débattu en agora citoyenne. Nous n’y arriveront pas sans remettre en question notre mode de vie et le travail (autre billet) qui nous accaparent et justifient  notre abjuration. Nous sortons une fois tous les 5 ans de notre prison dorée pour élire un  président (100% hommes) et un député (60% hommes), et une fois tous les 6 ans  pour élire un maire (80% sont des hommes…) Et le reste du temps nous laissons toute latitude aux politiques sensés nous représenter pour faire ce qu’ils veulent sans aucun moyen légal de nous faire entendre. « Passé les élections nous redevenons esclaves » (Rousseau) . Lire La Boétie  Discours de la servitude volontaire
Cette semaine un  rapport reconnait à la France presque 30 ans après les faits une responsabilité écrasante dans le génocide rwandais. Servier est condamné après 10 ans d’évitement à 2,7 misérables millions d’amende pour le Médiator. Ces deux dossiers prouvent s’il le fallait, quand on prend la peine de les décortiquer, que nous ne sommes pas en démocratie. Qui reste une belle utopie.