Revue de presse

Quelques liens et commentaires vers des articles, reportages ou vidéos remarqués cette semaine.

Finitude des ressources
Un entretien de Philippe Bihouix sur Time for the planet. Il s’est fait connaître avec un livre de référence, l’âge des low tech. Sur le même sujet on peut lire Anna Bednik, extractivisme, Guillaume Pitron, la guerre des métaux rares ou Ugo Bardi, le grand pillage. Nous entrons dans l’ère des pénuries de ressources pourtant rendues indispensables à notre mode de vie tout entier tourné vers la jouissance individuelle immédiate. Quelques pistes à la fin de cet entretien pour un retour à la raison.

Françafrique
Deux informations cette semaine que vous retrouverez sur le site Survie, spécialisé dans la lutte contre la Françafrique :
– Organisation d’un sommet à Montpellier avec des jeunes africains mais sans les dirigeants pour parler de l’avenir de l’Afrique… Que ne dirait-on pas si « l’Afrique » organisait en miroir un sommet avec de jeunes européens pour parler de l’avenir. Nul doute que Macron, motivé aussi ici par le vote des jeunes noirs français, goûterait mal le soufflet. Afrique entre guillemets car quoi de mieux pour noyer le poisson qu’un grand bain avec des jeunes issus de pays aux problématiques différentes avec comme seul point commun d’être dans le pré carré français, héritant du néocolonialisme, de la dette et du franc CFA. Bienvenue les jeunes mais comme on manque de ressources (voir ci-dessous), on n’est pas près de vous laisser vous émanciper.
Thomas Sankara, lui, voulait émanciper le Burkina Faso de l’emprise française. On voit sur cette vidéo sa relation tendue avec Mitterrand (mauvaise idée). On voit Blaise Comparoé accusé d’avoir commandité l’attentat qui deviendra dictateur, protégé par la France (on devrait dire les dirigeants français, mais en même temps ils nous représentent et agissent en notre nom sans qu’on s’y oppose) La France donc qui ira jusqu’à exfiltrer Compaoré en Côte d’Ivoire face à l’insurrection populaire de 2014. Apparait dans ce dossier le capitaine Barril étroitement lié à Mitterrand et à de nombreux scandales : les irlandais de Vincennes, le génocide au Rwanda, l’affaire Elf au Congo et le Burkina Faso donc avec une possible visite le lendemain de l’assassinat de Sankara pour faire disparaître des enregistrements… Le procès des assassins de Sankara démarre aujourd’hui sans volet international ; il semble que la France ait freiné à communiquer des documents en sa possession.

Nucléaire
Demain normalement Macron va annoncer un plan d’investissement dans les SMR, nouvelle génération de centrales nucléaires. C’est le temps des annonces, des promesses électorales, on verra plus tard la faisabilité et le financement. Ce plan vient après l’utopique plan hydrogène (article en 3 volets) et son lâché de milliards.
Les centrales issues du plan Messmer sont en bout de course, le projet Iter (article en 3 volets) engloutit des milliards sans résultat, les EPR comme à Flamanville sont des fiascos (ce qui n’empêche pas de vouloir en construire 6 de plus), EDF a une dette abyssale obligeant au projet Hercule, remisé à l’après présidentielle. Le nucléaire a fait ses preuves : technologie accidentogène, pollution partout (extraction, transformation, utilisation, stockage de déchets), dépendance à l’uranium, minerai synonyme de néocolonialisme (plan Barcane au Mali), synonyme aussi de quantités disponibles finies et de guerres mondiales d’appropriation. Déchets impossibles à éliminer conduisant à les « cacher sous le tapis » à Bure pour des milliers d’années, incapacité à démanteler les anciennes centrales. Oui, le nucléaire a fait ses preuves.
Pour autant, le nucléaire en France est aujourd’hui un mal nécessaire car représentant 70% du mix électrique. Nous sommes piégés. Messmer mettait en avant la sobriété allant de paire avec son plan :
« Concernant les économies d’énergie, l’objectif est clair, il s’agit de « ne pas consommer plus de produits pétroliers en 1974 et 1975 que nous n’en avons consommés en 1973 ». Les économies seront faites dans le bâtiment afin de limiter la consommation énergétique du chauffage : plafonnement de la température du chauffage, utilisation limitée à la période du 15 octobre au 15 avril, sauf exceptions régionales. Un effort dans les transports est également prévu avec le soutien aux transports en commun et la construction de nouvelles voies de chemin de fer. »
Son baratin n’a pas pris une ride. D’abord la consommation de pétrole n’a cessé de croître jusqu’en 2015. Le boom électrique et la nécessité de consommer la production a entrainé une orgie.  Pas d’isolation des bâtiments, radiateurs électriques énergivores dits « grille-pain », disparition du ferroutage et du train qui s’arrête à toutes les gares au profit du TGV qui traverse les villes sans s’arrêter etc. Et aux usages connus de Messmer on ajoute aujourd’hui la multiplication des appareils électriques, le numérique à consommation exponentielle, les voitures électriques prometteuses avec les villes « intelligentes », la robotique industrielle, les drones,  les robots…

Contrat : d’accord pour continuer le nucléaire, pour éviter le chaos, mais en respectant les pays producteurs d’uranium, en fixant un plan de sortie incluant une baisse de la consommation à commencer par tous les usages futiles nés ces 50 dernières années, en gros dans l’esprit du plan NegaWatt.

Funambule

Nous voulons sur ce site interroger des actions menées sur le territoire et en mesurer la pertinence face aux enjeux, tel que définis dans notre premier billet (Le Ring ci-dessous). Ce faisant nous avançons sur un fil. Dire ce que nous pensons sans heurter des acteurs du territoire. Exercice difficile. Prenons un exemple. Nos voyons régulièrement des associations projeter le film Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent. La Recyclerie propose une projection du film Demain de Cyril Dion. Prenons l’objet. Dés sa projection

https://www.recycleriedombessaone.fr/actus/projection-du-film-demain/

https://labrique.net/index.php/thematiques/politicaille/954-cyril-dion-coli-briseur-de-l-ecologie-radicale

https://basta.media/Pocheco-l-entreprise-industrielle-qui-place-l-environnement-et-la-protection

 

et nous nous interrogeons sur l’intérêt. Nous pensons que ce film sorti en 2015 est une impasse, par les solutions proposées et l’idéologie véhiculée. Nous ne voyons pas l’intérêt de le projeter 6 ans après sa sortie alors qu’il a fait la preuve de son innocente vacuité, alors que nous sommes au bord du gouffre et qu’il

Nous évoluons sur un fil entre deux mondes

«Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent.»

 

Le monde se divise en deux

Rester en position d’arbitre

 

 

Démocratie

Nous évoquions la semaine dernière les quatre contraintes nous forçant à agir sur notre territoire : dérèglement climatique, perte de biodiversité, finitude des ressources et faillite du capitalisme. Pour prendre la métaphore du Ring, les cordes seraient ces contraintes et les poteaux d’angle les points d’accroche de ces cordes, symbolisant chacun une thématique de travail : la monnaie, le travail, l’énergie et la consommation. La plateforme sur laquelle on s’exprime serait la démocratie. Condition sine qua non. Commençons par ce dernier point déjà abordé dans de précédents billets.
Sommes-nous en/une démocratie ?
Répondre par l’affirmative semble une évidence car nous l’entendons depuis la prime enfance et les tenants du pouvoir, politiciens et éditorialistes, nous le serinent. Ceux qui contestent sont traités de communistes, au sens stalinien, Macron renvoie aux dictatures coréennes, nos guerres d’appropriation se font en son nom, à égalité avec le mot liberté.
Pour tenter de répondre il faut déjà bien poser le problème. Qu’est-ce qu’une démocratie ? La définition de Wikipédia ouvre la réflexion. Pour se faire un avis éclairé il conviendrait de lire les auteurs cités en référence de ce déjà long article, auteurs qui eux-mêmes en introduiraient d’autres ainsi que des débats, des reportages… Impossible de penser démocratie sans creuser nos institutions, nos modes électifs, les pouvoirs et contre-pouvoirs… et cette question récente de patriarcat. Beaucoup de temps pour une question qui n’attire pas forcément, ce qui nous cantonne à avoir un avis plus qu’une opinion pour ce qui est pourtant le fondement de notre vie de citoyen, le sol que nous foulons.
Si nous retenons la définition commune depuis la révolution française de « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », qui est le principe de notre Constitution (article 2) il est clair que nous ne sommes pas une démocratie. C’est d’ailleurs ce que voulaient les penseurs de la démocratie, voir le chapitre Incapacité des citoyens à gouverner, ignorance et inexpérience des masses dans l’article Wikipédia. Il aura suffit de créer l’oxymore « démocratie représentative » pour endormir les foules, car le pouvoir réel n’a rien de représentatif.
Nous ne sommes pas en démocratie  (comme le résume efficacement cette courte vidéo) mais dans ce cas comment qualifier notre régime ? Regardez cette liste  et amusez-vous à glisser le curseur sur chaque mot  pour en avoir une rapide définition. Nous pouvons nous retrouver dans plein de cases : aristocratie, ploutocratie, oligarchie, autocratie etc. La question se pose aussi avec la pandémie ou les nouvelles lois sécuritaires de savoir si nous ne sommes pas dans une dictature techno-médicale ?  Sommes-nous une  kakistocratie ? C’est la théorie de Mandeville qui nous classe en trois catégories : les pervers qui exercent le pouvoir, les citoyens et une masse de veaux (comme diraient De Gaulle). Les contours de notre régime sont floues, même si la dominante reste l’accaparement par une caste du pouvoir avec un népotisme saisissant. Qu’y a t’il de démocratique à la pratique courante aujourd’hui d’un président au pouvoir absolu d’ordonner à un drone de tuer « un ennemi de la république » sans procès ni aucun contre-pouvoir ?
La vraie démocratie ne viendra pas de la prise du pouvoir par quelques-uns mais du pouvoir que tous auront de s’opposer au pouvoir de quelques-uns disait Gandhi.
Nous voulons porter sur le territoire cette question, y promouvoir la démocratie directe à l’échelle locale, étant entendu qu’à l’échelle nationale il parait impossible d’échapper au représentatif pour peu qu’il soit cadré et contrôlé par le peuple, ce qui est loin d’être le cas pour l’instant. Il n’y a qu’à voir les réactions unanimes des classes dirigeantes quand on demande des comptes à Agnès Buzin.

A suivre

 

 

 

Le Ring

Notre civilisation est un ring semblable à une estrade délimitée par quatre cordes appelées dérèglement climatique, perte de biodiversité, finitude des ressources et faillite du capitalisme.  Elles sont la réalité du monde qui nous entoure, le cadre de nos positions, la boussole de nos choix, sans déni ni fatalisme, sans angoisse ni résignation.
Nous tenons pour acquis qu’en ne changeant rien la température va augmenter de 4 à 6° en moyenne d’ici 2070, les espèces animales et végétales vont continuer de disparaître jusqu’à mener à une extinction de masse, nous n’aurons plus de pétrole ou d’eau potable d’ici une dizaine d’années et les accaparements capitalistes vont aggraver les conflits nationaux et mondiaux. Chacune de ces contraintes contient son lot de conséquence mortifères pour l’homme, alors les quatre ensemble…
Face à l’ignorance de ces enjeux, à leur mondialisation, à la nature humaine et à l’inertie, il ne fait aucun doute que nous nous retrouverons rapidement dans les cordes. Pour stopper le réchauffement il faudrait stopper l’extraction des énergies fossiles au niveau mondial. Pour mettre un terme à l’extinction de biodiversité il faudrait arrêter de déforester, de polluer, de surexploiter, d’utiliser des pesticides et de réchauffer la planète. Pour conserver des ressources fossiles en quantité finie, il faudrait mettre en place un rationnement et une charte de leur usage au niveau mondial en changeant drastiquement notre mode de vie. Pour la sortie du capitalisme tellement ancré dans nos ADN on ne voit guère qu’une révolution à l’issue par définition incertaine.
Tout est si compliqué et imbriqué qu’il parait vain de lutter tant il est certain que nous ne détruirons pas ces cordes à l’échelle de temps d’une génération. Elles vont nous enserrer comme autant de nœuds coulants réduisant toujours plus le champ des luttes jusqu’à empêcher toute rébellion. Sauf à céder à l’inaction, à continuer de vivre dans un rapport au vivant insoutenable, nous devons agir quand nous le pouvons encore. Individuellement en interrogeant notre mode de vie, en limitant notre impact par d’avantage de sobriété et collectivement à l’échelle territoriale, tant pour refuser d’aggraver nos maux que pour y impulser un espoir. En faisant le pari que la somme des initiatives locales mène à une prise de conscience nationale qui elle-même…. En dehors du Ring et de ce qu’il porte comme modèle, nous voulons explorer deux pistes qui nous semblent prometteuses : le communalisme et le salaire à la qualification. Nous vous en dirons plus la semaine prochaine.

 

 

 

 

Nous avons besoin de sociétaires

Nous terminons l’exercice 2020 en doublant quasiment le chiffre d’affaires (CA) de 2019 avec l’accélérateur de croissance indéniable qu’a été le confinement en mars, contrairement au couvre-feu actuel.
Nous avons ouvert en juin le point de vente de Trévoux mais qui ne donne pas encore de résultat probant. Nous avons depuis le premier février une offre complète telle celle proposée sur la mercuriale ce qui devrait attirer plus d’adhérents et augmenter le CA. En attendant nous avons eu des frais d’aménagement et d’installation de l’ordre de 10 000€. Nous avons pu les financer entièrement sur fonds propres même si cela a impacté notre besoin de trésorerie à court terme, voir plus loin.
Si donc nous sommes optimistes sur le devenir de la Coopérative, nous souffrons continuellement de manque de fonds propres, c’est à dire de la trésorerie nécessaire à notre activité, pour faire face à nos charges et à nos approvisionnements. Rien qu’à Trévoux, pour que le magasin soit bien achalandé, il faut un stock de produits en rayon d’au moins 5000€. Si nous avons réussi à le faire jusque là avec la trésorerie existante, ce n’est plus le cas maintenant qu’à chaque commande nous devons multiplier par deux les quantités. Dés la semaine prochaine nous aurons besoin de 5000€ de trésorerie que nous n’avons pas et nous estimons qu’en l’état nous avons besoin de 20000€ à court terme pour faire face à nos échéances et tenir nos objectifs.
Nous avons donc besoin de sociétaires plus importants, pas forcément en quantité mais en capital investi. Bien sûr chacun fait suivant ses moyens et celui qui souscrit une part sociale vaut autant que celui qui en prend 10, mais en l’état, on parle de 20000€, il faut forcément que ceux qui le peuvent souscrivent pour 10 à 20 parts sociales.
Il faut noter que prendre des parts sociales et un placement patrimonial puisque vous êtes propriétaires de ces parts que vous pourrez récupérer. Il s’agit d’un placement avec plusieurs vertus, contrairement à une assurance vie ou une épargne bancaire où vous ne savez pas où sera fléchée votre épargne. Vous participez à un projet faisant sens sur le territoire. Projet qui, si nous menons à terme nos objectifs, constitue aussi une forme d’assurance vie puisque nous donnant une chance de trouver à manger sur le territoire en cas de crise et de continuer à le faire sainement.
La coopérative va bien, l’équipe qui y travaille est à même de la développer avec les nombreux bénévoles qui nous aident chaque semaine et les adhérents qui partagent nos valeurs. Tous les indicateurs sont au vert sauf la trésorerie qui est le talon d’Achille de toutes les structures comme la notre. Alors merci de voir dans quelle mesure vous pouvez participer financièrement à sécuriser notre trésorerie.
Si vous êtes déjà sociétaire et que vous souhaitez ajouter une ou plusieurs parts sociales, il faut juste remplir le formulaire en ligne sur le site… avec un chèque.

Une série de billets sur les changements radicaux qu’il faudrait opérer pour sortir des crises en cours et à venir. Le format de ces billets rend l’exercice périlleux car succinct et suppose approfondissement. C’est pourquoi nous proposons des liens et des livres. Les thèmes de cette suite de billets se prêtent à l’exercice de la page blanche avec trois questions :

  1. Que savez-vous de … ? Qui interroge le niveau de connaissances.
  2. Imaginez un monde sans. Qui amène à décoloniser son imaginaire.
  3. Comment y parvenir ? Qui dépasse le stérile « ça ne marchera jamais » .

La propriété privée

  1. Qu’est-ce que la propriété privée ? La page wiki est plutôt maigre, elle oblige à rebondir vers d’autres liens. Usus, fructus et abusus. Mill, Marx, Proudhon,  Babeuf… Enclosures et biens communs. Des sites à fouiller comme Révolution française ou celui de Paul Jorion. Droits  des animaux, guerres colonisatrices et d’appropriation, le champ économique et de la propriété intellectuelle. Etc. Il y a de quoi faire mais c’est le prix d’un avis éclairé. Quels problèmes pose la propriété privée ? Depuis la nuit des temps dans les sociétés patriarcales la femme est propriété de l’homme, « jusqu’à ses entrailles » disait le code Napoléon. 6 femmes sont tuées chaque heure dans le monde par leur mari, sans parler des violences conjugales (et sur les enfants) le tout légitimé par la propriété. 1% de la population mondiale est propriétaire de 50% des richesses avec une accumulation et une inégalité croissante. Une trentaine de familles possèdent la totalité des médias français entrainant un manque de pluralité, une pensée dominante et une « circulation circulaire de l’information » (Bourdieu). L’accession à la propriété privée de son logement est la principale cause de notre soumission, l’emprunt avec intérêt asservissant plus sûrement qu’une chaîne. La propriété dans une société de consommation génère des frustrations poussant à l’accumulation et dans des cas extrêmes à des violences d’appropriation. La logique du toujours plus sans limite entraîne des inégalités croissantes, du gaspillage de ressources où le bien remplace le lien, donc une perte de sens. L’abusus (droit à disposer d’une chose) conduit à la dégradation, la destruction voire la disparition du vivant. Posséder toujours plus en maintenant ceux qui n’ont rien dans la misère et en pillant leur ressources, tel est en creux le visage du capitalisme propriétaire. Luxe ostentatoire et  obsolescence programmée en prime.
  2. Peut-on imaginer un monde sans propriété privée ? Posons quelques pistes. Dans la sphère privée on aurait une propriété d’usage ou de suffisance sans abusus (« Tout ce qu’on a au-dessus de la suffisance est le résultat d’un vol. » disait Proudhon) en privilégiant les communs (pourquoi posséder une perceuse qui ne sert qu’une fois par an ?). Il n’y aurait plus de rente (plus de propriétaire privé louant un bien à un autre homme) ni d’héritage, base de l’inégalité. Dans la sphère professionnelle c’est la disparition de l’enrichissement, de l’accumulation de capital en exploitant le travail d’autrui. Nul homme ne travaille pour un autre mais uniquement pour soi et la collectivité. Les coopératives remplacent les sociétés capitalistiques. Nul homme n’est propriétaire du vivant et de l’environnement, bien commun dont nous sommes dépositaires. Un laboratoire ne pourrait s’enrichir sur la santé en survendant des vaccins, biens immatériels de l’humanité.
  3. Comment y parvenir ? Prenons le logement, propriété privée par excellence, réalité pour 40% des français, en cours d’accession pour 20% et rêve inaccessible pour beaucoup. Le logement est un besoin primaire, à valeur constitutionnelle puisque garantissant une sécurité matérielle. Nous subissons depuis des décennies une crise du logement (manque, insalubrité, cherté, passoire énergétique) aiguisée par la spéculation, le vieillissement et l’accroissement de la population, les modifications de mode de vie dont le rêve pavillonnaire, la désertification des villes moyennes au profit des mégalopoles… La crise écologique rend impossible la fuite en avant quand la guerre des générations apparait, avec des jeunes qui n’ont rien et un avenir incertain face à des vieux qui ne lâchent rien. L’habitat partagé avec communs en propriété d’usage sans héritage ni sous-location parait une bonne piste. A rapprocher de la démocratie participative. Nous ne sommes propriétaires de rien, de passage, héritiers et transmetteurs d’une planète dont nous rendons compte aux générations futures. Nous sommes locataires, supposés faire au mieux pour tendre au bonheur commun. Vraiment ?

 

La démocratie

Qu’est-ce que la démocratie ? La fiche Wikipédia est assez exhaustive.
Où l’on voit qu’en réalité si nous sommes en démocratie c’est une certaine forme dite représentative et encore partielle puisque nous n’élisons pas tous nos représentants, comme les sénateurs ou le membres du gouvernement, sans parler des chefs de cabinet élyséen ou ministériels. Nous élisons des députés qui se révèlent des godillots de partis politiques sans réel pouvoir devant le monarque républicain et les lobbies de tout poil. On trouvera sans doute quelques exceptions qui confirment la règle mais un député doit allégeance à son parti. Lire Simone Weil, Note sur la suppression générale des partis politiques.
Ce système représentatif voit une classe dirigeante ne représenter qu’elle-même avec un système électoral biaisé. C’est une question  complexe que le mode d’élection, on le voit un peu en ce moment avec la question de l’introduction d’une « dose » de proportionnelle dans les régionales. Le peuple se verrait imposé par un président autocrate un changement conséquent sans avoir son mot à dire, comme dans les référendums biaisés ou cette mascarade de consultation citoyenne sur le climat. Nous sommes donc au mieux une démocratie représentative, format choisi par les constituants de la révolution française qui se considéraient comme les représentants éclairés du peuple, suivant la formule de l’Abbé Sieyès. Constituants issus de classes dominantes qui craignaient qu’un peuple ignare prenne le pouvoir et abolisse leurs privilèges. On peut considérer que la révolution française a échoué sur deux points majeurs : la démocratie directe chère à Rousseau et l’abolition de la propriété privée (autre billet). Nous pouvons aussi nous arrêter sur la définition d’Abraham Lincoln sur la démocratie : «  »Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Nous reposons sur ce mensonge depuis plus d’un siècle. Alexis de Tocqueville ajouta à cette forme de gouvernement une forme de société ayant pour valeurs l’égalité et la liberté et c’est avec cette bannière que les états dits démocratiques ont colonisé le monde,  diabolisant leurs opposants.
Démocratie partiellement représentative donc mais tout autant bureaucratie, ploutocratie, oligarchie, monarchie républicaine, autocratie et j’en passe. Lire par exemple Hervé Kempf Comment les riches détruisent la planète.
Nous sommes dans un état pré-démocratique, un embryon de démocratie sans qu’il soit certain que nous y parvenions un jour. Il faudrait pour cela que les citoyens prennent part à la politique, à commencer par celle de leur cité, avec démocratie représentative, démocratie directe, tirage au sort, référendum, le tout devant être débattu en agora citoyenne. Nous n’y arriveront pas sans remettre en question notre mode de vie et le travail (autre billet) qui nous accaparent et justifient  notre abjuration. Nous sortons une fois tous les 5 ans de notre prison dorée pour élire un  président (100% hommes) et un député (60% hommes), et une fois tous les 6 ans  pour élire un maire (80% sont des hommes…) Et le reste du temps nous laissons toute latitude aux politiques sensés nous représenter pour faire ce qu’ils veulent sans aucun moyen légal de nous faire entendre. « Passé les élections nous redevenons esclaves » (Rousseau) . Lire La Boétie  Discours de la servitude volontaire
Cette semaine un  rapport reconnait à la France presque 30 ans après les faits une responsabilité écrasante dans le génocide rwandais. Servier est condamné après 10 ans d’évitement à 2,7 misérables millions d’amende pour le Médiator. Ces deux dossiers prouvent s’il le fallait, quand on prend la peine de les décortiquer, que nous ne sommes pas en démocratie. Qui reste une belle utopie.